Les types de force :

Aujourd’hui nous allons voir les différents types de force existants dans le jargon de la préparation physique. Dans cet article nous cherchons à vous faire connaitre les différents types de force. De manière à ne plus vous perdre ou corriger les fréquentes erreurs lorsque vous en entendez parler. Des lors cet article est purement théorique et à destination de ceux qui veulent en savoir plus sur le sujet. Plutôt que d’entrer dans le détail, cet article n’est fait que pour présenter et définir les types de force (sans mise en pratique).

Des scientifiques et hommes de terrain s’accordent et distinguent plusieurs sortes de forces en rapport avec un mouvement. Entrons directement dans le sujet :

La force isométrique :

Imaginez simplement que vous êtes en position de pompe. Corps droit, tête, tronc et pieds sont alignés, vos bras sont pliés et les coudes le long du corps. Vous êtes en réalité en train de faire une sorte de gainage, que l’on appelle communément la « planche ». Des lors pour vous maintenir dans cette position, vous contractez un certain nombre de muscles parmi lesquels les plus sollicités sont ceux de vos bras, de votre cage thoracique et l’ensemble de votre ceinture pelvienne. Vos muscles vous maintienne dans cette position, ils sont donc contractés. Cependant leur longueur n’a pas évolué depuis. Ils sont donc en contraction isométrique. Ce type de contraction se retrouve dans toutes les positions de gainage. Lorsque vous travaillez de manière isométrique, vous ne développez pas de masse musculaire. Vous agissez plutôt sur une commande nerveuse.

La force concentrique :

Imaginez maintenant que depuis cette position de pompe-gainage vous décidiez de vous propulser vers le haut. Vos bras vont progressivement se tendre avant de faire décoller vos mains si vous êtes assez fort. Ce sont les triceps, les pectoraux et le deltoïde antérieur qui effectuent la plus grosse partie du travail. Pour générer suffisamment de force vos muscles vont se contracter en se raccourcissant. Ils se contractent fort, ils se « concentrent ». C’est la même contraction qui s’applique lorsque vous repoussez la barre au développé couché.

La force excentrique :

Maintenant que vous êtes en l’air après votre super pompe, vous allez bien devoir redescendre (sacré loi de Newton). C’est la force de pesanteur qui vous attire à nouveau vers le sol. Vous positionnez vos mains pour vous réceptionner. Ce sont à nouveau les mêmes muscles qui se mettent en action. En effet, ceux ci vont s’allonger en étant soumis à cette force. Et chacun d’entre eux va essayer de résister pour limite cette action. Très rapidement la force produite par vos muscles qui luttent en s’allongeant, surpassera la force qui vous fait chuter et vous allez vous retrouvez stabilisé dans la position de départ (ou le nez sur le sol si vous n’êtes pas assez fort encore une fois). Ainsi, en s’allongeant, les extrémités de votre muscle à l’inverse de la contraction concentrique, s’éloignent. Le muscle résiste, il travaille en excentrique. C’est la même chose lorsque vous retenez une barre de développé couché lors de sa phase descendante.

La contraction excentrique provoque des lésions importantes puisqu’elle est très violente et surpasse de loin la contraction concentrique. Il faut en moyenne 48 à 72h pour récupérer suffisamment. Elle doit s’utiliser dans des cas précis et avec parcimonie.

La force pliométrique :

Dans certains cas. Il arrive que les trois phases précédemment annoncées se produisent dans un temps si court qu’il devient impossible de les différencier. Nous parlons alors de contraction pliométrique. Le travail de la force pliométrique est très interessant pour certains athlètes. En effet, prenons l’image d’un élastique que l’on étend et qui retrouve lui même sa position initiale. Ce type de force permet de récupérer une partie de l’énergie emmagasinée pendant la phase d’étirement (force excentrique) pour la restituer ensuite durant la phase de contraction concentrique. Des lors, en pliométrie, le muscle peut développer une force 1,5 à 2 fois supérieure à la force isométrique maximale. Nous retrouvons ce type de contraction lorsqu’un athlète effectue une succession de sauts depuis des hauteurs différentes par exemple.

Parmi les quatre formes de force que nous avons abordées, les chercheurs ont constaté que certains s’associent mieux que d’autres. Ainsi les couples à privilégier seraient :

  • isométrique et concentrique
  • Excentrique et concentrique
  • Pliométrique et isométrique
  • Pliométrique et concentrique

Les formes d’expression de la force musculaire :

Lorsque nous parlons de force, il faut entendre « la capacité motrice qui permet à l’homme de vaincre une résistance ou de s’y opposer par un effort intense de sa musculature » MANNO (1992).

Pour rester simple, il existe trois grandes catégories de force :

– La force maximale (la charge)

Celle ci peut être statique « la force la plus grande que le système neuro musculaire peut exercer par une contraction volontaire contre une résistance insurmontable » FREY, 1977.

Elle peut également être dynamique « la force la plus grande que le système neuromusculaire peut développer par un contraction volontaire dans la réalisation d’un mouvement gestuel » WEINECK, 1986.

-la force vitesse (la rapidité) ; « capacité qu’a le système neuro musculaire de surmonter des résistances avec la plus grande vitesse de contraction possible » Harre 1967 ; Frey 1977 ; Weineck 1986.

-La force endurance (la durée) ; « capacité que possède l’organisme de résister à la fatigue lors d’efforts de longue durée » Harre 1976 ; Weineck 1986.

Dans la vie de tous les jours la force ne s’exprime jamais sous sa forme pure, c’est plutôt une combinaison. Les différentes formes d’expressions interfèrent entre elles.

Application à l’entrainement :

D’une manière générale les préparateurs physiques ont pour habitude de travailler :

  • La force maximale à l’aide de charges lourdes dans une forme pyramidale (progression progressive de la charge).
  • La force vitesse avec des charges bien plus légères de lors de 50% et l’intention de les mobiliser à grande vitesse.
  • La force endurance grâce à la mobilisation de charge légère le plus longtemps possible (résistance).

Suite à cet article théorique, nous espérons qu’à partir de maintenant vous êtes moins perdu lorsqu’un pratiquant vous parle de différents types de force. Mais aussi que vous pensez à intégrer ces différentes composantes si elles sont absentes de vos entrainements. Vous savez maintenant que travailler en force ne veut pas forcement dire « soulever le plus lourd possible ». Il existe des méthodes et protocoles interpénétrés sous forme de cycle pour travailler chaque composante.

 

Crédit photo : <a href=’https://www.freepik.es/foto-gratis/muscular-hombre-levantando-una-barra-en-el-gimnasio_1282587.htm’>Designed by Freepik</a>


Jérémy - Deus Force
Jérémy - Deus Force

Auteur, formateur, enseignant certifié et préparateur physique (Master STAPS de l'académie de Grenoble).